On entend par revenu de type foncier tout revenu provenant de
propriétés bâties ou non bâties, lorsque ces
revenus ne rentrent pas dans le cadre des Bénéfices Industriels
ou Commerciaux (BIC), Bénéfices Non Commerciaux (BNC) ou
Bénéfices Agricoles (BA).
Contribuables concernés
par le régime foncier
Il s'agit principalement:
- des propriétaires foncier
- des usufruitiers
- des propriétaires indivis
- des membres de sociétés immobilières
- des membres de sociétés de personnes non passibles
de l'impôt sur les sociétés
Pour les trois derniers points, chaque membre est soumis à l'impôt
sur le revenu pour sa quote-part correspondante.
Les propriétés dont le propriétaire se réserve
la jouissance ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu.
Ceci concerne les locaux d'habitation et leur dépendance, qu'ils
soient occupés de façon permanente ou temporaire.
Revenus fonciers
Les recettes brutes sont constituées par:
- les locations de propriétés urbaines ou rurales
- les loyers constituant le prix d'un bail à construction ou
réhabilitation
- les revenus distribués par un fond de placement immobilier
Dépenses déductibles
des revenus fonciers
Les charges de propriété déductibles des revenus
fonciers bruts comprennent (à dater du 01-01-2006):
- Les dépenses d'entretien
- Les primes d'assurances
- Les dépenses supportées pour le compte du locataire
et non remboursées
- Les provisions pour dépenses
- Le montant des travaux d'amélioration, hors travaux de construction,
reconstruction ou agrandissement, et pour autant qu'ils ne fassent
pas partie d'un plan d'amortissement (loiss Périssol,
Besson neuf, De
Robien, Borloo)
- Les travaux de restauration et assimilés pour les immeubles
en secteurs sauvegardés ou zones de protection du patrimoine
(voir lois Malraux et Monuments
historiques)
- Les taxes locales
- Les frais de gestion (syndic, concierge)
A ces charges, il convient d'ajouter:
- Les intérêts d'emprunts contractés pour l'acquisition
et les travaux.
- Une déduction au titre de l'amortissement du bien loué:
- acquis jusqu'à fin 1998 (loi Périssol):
80% du montant investi (10% pendant 4 ans puis 2% pendant 20 ans)
- acquis entre début 1999 et le 2 avril 2003 (loi Besson
neuf): 65% du montant investi (8% pendant 5 ans, puis 2.5%
pendant 10 ans)
- acquis entre le 3 avril 2003 et le 31 août 2006 (loi De
Robien): 65% du montant investi (8% pendant 5 ans, puis 2.5%
pendant 10 ans)
- acquis depuis le 1er septembre 2006 (loi De
Robien modifié): 50% du montant investi (6% pendant
7 ans, puis 4% pendant 2 ans)
- acquis depuis le 1er septembre 2006 (loi Borloo):
65% du montant investi (6% pendant 7 ans, puis 4% pendant 2 ans
et enfin 2.5% pendant 6 ans)
L'amortissement débute le mois de livraison du bien immobilier.
Le montant de l'amortissement est calculé sur la base du prix
d'acquisition, hors frais de notaires, honoraires d'agence et frais
de dossier bancaire.
Les lois Périssol et Besson sont dorénavant abrogés.
- Un abattement sur les recettes brutes:
- de 10% pendant 3 ans sur la location de l'ancienne résidence
principale consécutif à une mutation professionnelle.
- de 26% (loi Besson ancien) pour tout
logement qui ne donne pas lieu à une déduction au
titre de l'amortissement et pour lequel les loyers et ressources
du locataire sont plafonnées, pour les baux conclus avant
le 30 septembre 2006.
Un abattement de 46% pendant les trois premières années
(loi Lienemann) est consenti pour
des plafonds de loyers et de ressources inférieurs aux
précédents, pour des baux conclus jusqu'à
fin 2004.
- de 26% pour tout logement répondant aux critères
de la loi De Robien et situé
en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR).
- de 30% dans le cas de la loi Borloo.
- de 30% (loi Borloo ancien) pour
tout logement qui ne donne pas lieu à une déduction au titre de
l'amortissement ni à un quelconque autre abattement et pour lesquels
la location est soumise à une convention de l'ANAH (Agence NAtionale
de l'Habitat), pour les baux conclus depuis le 1er octobre 2006.
Un abattement de 45% est consenti pour les locataires bénéficiant
d'une APL (Aide Personnalisée au Logement).
- de 30% pendant deux ans pour tout nouveau bail portant sur un
logement frappé de la taxe annuelle sur les logements vacants.
Régime micro foncier
Lorsque les revenus fonciers n'excèdent pas 15000 €, il est
alors pratiqué un abattement forfaitaire de 30% pour charges diverses.
Dans ce cas, aucune déduction n'est autorisée.
Ce régime ne convient pas pour:
- Les logements ouvrant droit à une réduction d'impôts
(immeubles située en outre-mer ou en Zone de Revitalisation
Rurale).
- Les logements spéciaux (monuments historiques, immeubles
classés).
- Les logements en nu propriété.
- Les logements pour lesquels le contribuable a demandé le
bénéfice de la réduction au titre de l'amortissement
(lois Périssol, Besson
neuf, De Robien et Borloo).
Cependant, ce régime peut s'appliquer dès la fin de
la période d'amortissement.
- Les logements pour lesquels le contribuable a demandé le
bénéfice d'un abattement (lois Besson
ancien et Lienemann).
Il est toujours possible d'opter pour le régime réel (déclaration
des charges déductibles), mais cette décision est irrévocable
pour une durée de 3 ans.
Détermination du revenu imposable
pour le régime foncier
Le revenu foncier net est obtenu après déduction du déficit
foncier aux recettes brutes.
Le déficit foncier est obtenu en additionnant la totalité
des dépenses déductibles.
Cependant, les intérêts des emprunts ne peuvent à
eux seuls ouvrir droit à un déficit foncier. Le déficit
foncier constaté est alors obtenu:
- à partir des dépenses déductibles hors intérêts
d'emprunt si les intérêts d'emprunts sont supérieurs
aux recettes brutes.
- à la totalité des dépenses déductibles
dès lors que les intérêts d'emprunt sont inférieurs
aux recettes brutes.
Si le montant obtenu est positif, le revenu foncier net est à
reporter avec les autres revenus du foyer fiscal.
Si le montant est négatif:
- le déficit foncier constaté qui résulte des
dépenses déductibles autres que les intérêts
d'emprunt est imputable sur le revenu global à concurrence
de 10700€, à la condition que le bien soit loué
pendant le 3 années qui suivent l'imputation du déficit.
- le surplus de déficit foncier non imputé sur le revenu
global est déductible des revenus fonciers des 10 prochaines
années.
- dans le cas ou le logement est un monument historique, la totalité
des charges (y compris les intérêts d'emprunts) est imputable
sans limite sur le revenu global.
- dans le cas d'un logement classé, le déficit foncier
constaté est imputable sans limite sur le revenu global. L'excédent
de déficit foncier non imputé provenant des seuls intérêts
d'emprunt est déductible des revenus foncier des 10 prochaines
années.
- dans le cas d'un logement situé outre-mer, le report du déficit
foncier sur le revenus global n'est pas permis pendant la durée
de la réduction d'impôts (5 années).
Réduction d'impôt
pour le régime foncier
Le régime foncier de base n'autorise aucune réduction d'impôts.
Par contre, certains dispositifs appliqués au régime foncier
autorisent des réductions. Il s'agit des investissement locatifs:
- dans une Zone de Revitalisation Rurale (voir loi ZRR
ou Demessine)
- situés outre-mer (DOM-TOM, voir loi Girardin)
Plus-values de cession
Le régime des plus-values est celui des cessions immobilières.
L'imposition sur les plus-values ne s'applique pas:
- lors de la vente de la résidence principale et de ses dépendances.
- lors d'un expropriation.
- lorsque le prix de vente en pleine propriété est inférieur
à 15000 €.
- aux cessions en faveur d'un organisme d'HLM ou de toute société
gérant des logements sociaux.
- pour les titulaires d'une pension de vieillesse ou d'une carte d'invalidité.
Pour tous les autres cas, la plus-value résiduelle est soumise
au prélèvement libératoire de 16%.
La plus-value est égale à la différence entre
le prix de cession et le prix d'acquisition. Pour le calcul de cette
différence, il convient:
- de réduire le prix de cession des frais afférents
à la cession (acte, main levée, TVA), sur justificatifs.
- de majorer le prix d'acquisition des frais afférent à
l'acquisition (acte, hypothèque), sur justificatifs. Il est
aussi possible d'opter sans justification pour une majoration forfaitaire
de 7,5% du prix d'acquisition (sauf pour les fonds de placement immobilier).
- de majorer le prix d'acquisition du montant des travaux qui n'ont
pas déjà été pris en déduction
des revenus fonciers (charges ou amortissement), et sur justificatifs.
Il est aussi possible d'opter pour une majoration forfaitaire de 15%
du prix d'acquisition pour toute cession d'immeuble de plus de 5 ans
(sauf pour les fonds de placement immobilier).
Si le montant de la plus-value est négatif, il s'agit alors
de moins-value. A ce jour, les moins-values ne sont pas prises en compte.
A partir de la plus-value ainsi obtenue, viennent encore en déduction:
- un abattement de 10% du montant de la plus-value pour chaque année
de détention du bien à partir de la sixième année.
Ceci revient à dire que la plus value est nulle au bout de
15 ans.
- un abattement fixe de 1000 €
C'est ce montant positif restant qui est soumis au prélèvement
libératoire de 16% ainsi qu'aux cotisations sociales (CSG, CRDS,
...).
Articles de loi relatifs au régime
foncier
Code Général des Impôts (articles 14 à 33 quinquies):
- définition: 14;
14
A; 15
- revenus: 28;
29
- charges déductibles: 31
- micro foncier: 32
- plus-values:
- imputation des déficits: 156-I-3°
Annexes:
Précis de fiscalité:
- revenus fonciers: 200
jusqu'à 300
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