| L'assurance vie s'est imposée
comme le placement préféré des Français. Hors immobilier, près des deux tiers
de l’épargne financière des ménages vont à l’assurance
vie aujourd’hui.
L'assurance-vie est une assurance
de personnes qui a pour objet de garantir le versement d'une certaine somme
d'argent (capital ou rente) lorsque survient un événement lié à la personne
assurée : son décès, un accident, une maladie...
L’assurance vie est un placement
fiscalement avantageux et un outil idéal de transmission du patrimoine.
L’assurance vie moderne est
un véhicule d’épargne aux multiples atouts : souplesse puisqu’on peut y verser
ou retirer ses fonds à volonté, fiscalité attractive tant sur les retraits
que pour la succession, montants non plafonnés, possibilité de sécuriser l’épargne
sur un fonds en euros ou de la dynamiser sur des fonds d’investissement.
L'assurance vie est à la
fois un outil d'épargne et de transmission du capital qui bénéficie d'un cadre
juridique et fiscal spécifique. Une assurance
vie permet tout d'abord de se constituer ou de faire fructifier un capital.
Chacun peut ouvrir un ou plusieurs contrats et y effectuer des versements, réguliers
ou non, sans limite de montant. A tout moment, vous pouvez récupérer votre épargne
via un retrait partiel ou total, ou en demandant une avance. Vous pouvez même
transformer le capital en rente viagère. Au décès de l'assuré, le capital présent
sur le contrat d'assurance vie
est versé aux bénéficiaires désignés librement dans le contrat. Ce capital sera
en grande partie à l'abri des droits de succession, et de toute façon
soumis à une fiscalité avantageuse.
Fonctionnement de l'assurance vie
Les acteurs en présence
- Le souscripteur : c'est celui qui s'engage envers l'assureur, il est le
propriétaire du contrat et choisit les bénéficiaires en cas de décès.
- L'assureur: il s'engage à couvrir le risque de vie ou de décès
de l'assuré. L'entreprise d'assurance ou de capitalisation doit faire
figurer sur le contrat diverses mentions relatives à l'information du souscripteur
: les modalités de la renonciation, la valeur du rachat du contrat, les dispositions
du contrat en termes clairs et précis, la clause bénéficiaires,
l'échéance à laquelle pourrait être versé le capital ou la rente garantie.
- L'assuré : c'est la personne sur laquelle repose le risque (décès), il doit
être consentant pour l'assureur en cas de décès. L'assuré et le souscripteur
sont souvent la même personne, et sont d'ailleurs souvent confondus
dans les contrats.
- Les bénéficiaires : en cas de vie le souscripteur est généralement le bénéficiaire,
en cas de décès ils ont été désignés par le souscripteur, directement
(nom, prénom) ou indirectement (le conjoint, les enfants, etc.), voire par
une clause figurant en dehors du contrat (testament ou acte authentique déposée
chez le notaire).
Les différents types de produits composant un contrat d'assurance vie
Le contrat d'assurance vie
mono-support en euros est destiné aux épargnants recherchant la sécurité. Le
capital investi et les intérêts versés chaque année sont garantis par l'assureur.
En contrepartie de cette sécurité, les gains sont relativement
limités, ces contrats affichent actuellement un rendement de 4% net en
moyenne.
On peut trouver la même sécurité au sein d'un second type de contrat d'assurance
vie, le multi-support. Les meilleurs contiennent en effet un fonds ou support
en euros aux caractéristiques identiques. Mais dans un contrat multi-support,
l'épargne peut aussi être investie sur des unités de compte, actifs financiers
composés majoritairement de fonds en actions ou obligataires. Le capital
varie alors à la hausse ou à la baisse, selon l'évolution de la valeur des fonds.
Le souscripteur peut lui-même répartir son épargne parmi les fonds proposés,
de quelques-uns à plusieurs centaines selon les contrats, ou déléguer cette
gestion en optant pour un profil de gestion.
Les modes de gestion d'un contrat d'assurance vie
Le souscripteur peut choisir entre plusieurs modes de gestion proposés dans
les contrats d'assurance
vie multi-supports :
- la gestion profilée : le souscripteur laisse aux experts financiers le soin
de choisir les valeurs et la répartition des actifs (actions, obligations,
etc.) selon le profil qu'il a déterminé, du plus prudent au plus dynamique.
- la gestion libre : le souscripteur choisit lui même les fonds sur lequel
il va investir.
- la gestion à horizon, ou pilotée : la répartition entre les classes d'actifs
se fait selon un schéma dépendant de l'âge du souscripteur, très risquée au
début puis de plus en plus sécuritaire lorsque le contrat arrive à son terme.
- la gestion à arbitrages automatiques : la répartition évolue
entre les classes d'actifs en fonction de critères tels que seuils
de déclenchement, volatilité, plus value réalisée,
etc...
Les frais afférents au contrat d'assurance vie
Les frais que l'on trouve habituellement dans un contrat d'assurance
vie sont souvent exprimés en pourcentage des sommes investies et peuvent
être :
- des frais d'entrée, prélevés à chaque versement de
fonds, compris généralement entre 0% et 5%. Il existe aussi
des contrats d'assurance vie
à frais précomptés, pour lesquels les versements de la première, voire de
la deuxième année, sont engloutis par l'assureur.
- des frais de gestion payés annuellement sur les sommes en compte, allant
de 0,9% sur les contrats d'assurance
vie mono-support ou fonds en euros à 1,1% sur les unités de compte.
- des frais d'arbitrage, payés en cas de changement des supports d'investissement
dans un contrat d'assurance
vie multi-support. Un arbitrage est généralement facturé
de 0,25% à 1%, avec parfois un arbitrage gratuit par an.
Certains contrats d'assurance
vie supportent aussi des frais de dossier perçus uniquement à
l'ouverture du contrat.
Résiliation du contrat d'assurance vie
Une assurance vie est résiliable
à tout moment, aucune action ne peut être menée pour non-paiement.
Il est aussi possible de racheter un contrat dès les premières années dans
la plupart des cas, exception faite des contrats d'assurance
vie mixtes pour lesquels il faut attendre la fin des deux premières années.
Le rachat consiste en la récupération de tout ou partie des primes
versées et des plus ou moins values générées.
Si la résiliation a lieu moins de 8 ans après la signature du contrat, les
plus values sont imposées et certaines réductions d'impôt obtenues peuvent être
remises en cause par l'administration fiscale.
La fiscalité de l'assurance vie
En cas de retrait
Pour les contrats d'assurance
vie souscrits depuis 26 septembre 1997, les intérêts compris dans le retrait
sont intégrés à la déclaration des revenus de l'année, puis soumis au barème
de l'impôt.
Mais le souscripteur peut opter pour le prélèvement libératoire forfaitaire
de:
- 35% les quatre premières années,
- 15% entre quatre et huit ans,
- 7,5% au-delà. Sur ces 7,5%, il existe un abattement sur les intérêts de
9200 € pour un couple et 4600 € pour un célibataire.
Les 11% de prélèvements sociaux sont pris sur le rendement annuel pour les
contrats en euros ou lors des retraits pour les multi-supports.
En cas de rente viagère
Celle-ci sera soumise à l'impôt sur le revenu pour:
- 70% de son montant en cas de mise en route avant 50 ans,
- 50% de 50 à 59 ans,
- 40% de 60 à 69 ans,
- 30% à 70 ans et plus.
Elle sera aussi sujette aux prélèvements sociaux.
En cas de décès
Pour les primes versées avant ses 70 ans sur des contrats souscrits depuis
13 octobre 1998, le capital transmis (versements + intérêts) profite d'un abattement
de 152.500 euros par bénéficiaire, puis il est taxé au taux de 20%.
Passé les 70 ans de l'assuré, les primes sont imposées aux droits de succession,
selon le lien de parenté entre le bénéficiaire et l'assuré, après un abattement
de 30.500 euros tous contrats confondus. Les intérêts sont exonérés.
Dans tous les cas, les prélèvements sociaux ne sont pas dus sur le capital
décès.
Types de contrats d'assurance vie proposés
L'assurance en cas de décès
On y cotise pour qu'un capital fixé à la souscription soit versé aux bénéficiaires
en cas de décès. Il s'agit à la base d'un acte de prévoyance mais pas d'épargne.
Assurance temporaire décès
Un capital définit par contrat peut être versé si le souscripteur décède
avant une date indiquée dans le contrat. S'il est encore en vie après cette
date, le capital n'est pas versé et les primes ne sont remboursées que si une
contre-assurance a été souscrite.
Le montant des primes est calcul en fonction de la date probable à laquelle
l'assureur devra payer, fonction de l'espérance de vie de l'assuré
à cette date, ainsi que du capital promis.
Assurance décès vie entière
Si aucune date de décès n'est fixée le capital sera versé aux bénéficiaires
au décès de l'assuré. C'est le principe actuellement utilisé par la plupart
des contrats d'assurance vie modernes qui permet d'allier prévoyance
et épargne.
Le capital restitué est généralement constitué
des versements majorés des résultats d'exploitation. Dans ce cas
le versement des primes est libre. Si par contre l'assureur s'engage sur une
somme fixe en cas de décès, le montant des primes n'est pas libre
ou seulement la partie destinée à capitaliser.
Assurance rente-éducation
Elle adopte le même principe que l'assurance temporaire décès, mais le capital
est transformé en rentes mensuelles servies aux enfants durant leur scolarité
ou jusqu'à un certain âge.
Assurance à terme fixe
La date à laquelle l'assureur versera le bénéfice du contrat
est fixée à l'avance dans le contrat, indépendamment du
décès de l'assuré.
Donc l'assuré est bénéficiaire en cas de vie et les bénéficiaires
ne le sont qu'en cas de décès. Le risque encourus par l'assureur
consiste uniquement en l'arrêt du versement des primes par décès
du souscripteur assuré.
Ce type de contrat est intéressant lorsqu'il s'agit pour le souscripteur
de financer un projet patrimonial à échéance (date et montant)
connue.
L'assurance en cas de vie
Assurance à capital différé
Si l'assuré est encore en vie à une date ou échéance fixée (retraite par exemple)
il reçoit un capital ou une rente viagère pour assurer sa survie. Si l'assuré
est décédé à la date d'échéance du contrat, l'assureur peut conserver les primes
versées sans avoir à verser le capital. Mais il est généralement
prévu une contre-assurance garantissant le remboursement des primes aux bénéficiaires
déterminés.
Le capital restitué est généralement constitué
des versements majorés des résultats d'exploitation.
Bon d'investissement
Variante de capital différé pour laquelle l'investissement se
perte sur un support de type bon de capitalisation, ayant une échéance
à terme programmée. L'assureur peut garantir un taux de rendement
sur un maximum de huit ans.
Ces contrats sont de plus en plus rares et généralement commercialisés
en unité de compte adossé à l'effet financier désiré.
L'assurance mixte
Ce type de contrat combine les deux types d'assurance précédemment citées.
Le capital peut être versé, soit au décès de l'assuré si ce décès intervient
avant une date déterminée, soit après une échéance fixée si l'assuré est encore
en vie à cette date, sous forme de capital ou de rente.
Le capital versé en cas de décès est généralement
invariable, comme pour une "temporaire décès". Mais
en complément des primes "décès" perdues en cas
de vie, le souscripteur verse des primes "vie" servant à capitaliser
en cas de vie, mais perdues en cas de décès.
Se type d'assurance vie est souvent synonyme de frais élevés et d'une opacité
sur la gestion de l'épargne.
Le contrat de capitalisation
Ce n'est pas en soi un contrat d'assurance vie mais une déclinaison
dont le fonctionnement et la fiscalité en sont comparables, à
quelques différences près:
- Le contrat de capitalisation n'est pas une assurance et n'offre donc pas
d'avantage successoral en cas de décès du souscripteur. Au décès
de celui-ci, le capital est intégré à la succession comme tout autre bien.
- Les intérêts et plus-values générées par
ce type de contrat ne sont pas intégrés dans l'assiette de l'ISF.
Recommandations pour l'utilisation de l'assurance vie
Placement d'un capital à court terme (moins de 4 ans)
Dans ce cas, l'assurance vie
n'est pas le meilleur placement recommandé. En effet, chaque versement
sur un contrat subit généralement des frais d'entrée non
récupérable. De plus, la fiscalité est dissuasive les quatre premières
années : le prélèvement libératoire est de 35% sur la totalité
des intérêts au moment du rachat total, auquel il convient d'ajouter les prélèvements
sociaux de 11%.
Seul un épargnant peu imposable pourrait être intéressé
par l'assurance vie à
court terme, car il pourrait opter pour la déclaration des intérêts à l’impôt
sur le revenu.
Si un tel placement se veut sécuritaire, on lui préfèrera
un compte sur livret. En effet, les rendements des fonds en euros, les seuls
assurant une garantie du capital, baissent depuis plusieurs années.
Si ce placement se veut plus dynamique, on lui préfèrera un compte
titre en prenant soin de ne pas trop dépasser les plafonds pour une exonération,
soit 15000 € par an. Sinon, il faudra s'acquitter d'un prélèvement
libératoire de 27% et des cotisations sociales de 11%.
Placement d'un capital à moyen terme (environ 10 ans), en vue de la
retraite
Le contrat en euros ou le fonds en euros d’un contrat multi-support est fait
pour vous : capital garanti, intérêts annuels définitivement acquis avec un
taux minimum garanti dans certains contrats, possibilité de récupérer son épargne
à tout moment, fiscalité clémente après quatre ans et attractive après huit
ans (prélèvement libératoire de 7,5% généralement
bien inférieur au taux d'imposition sur le revenu).
Il est aussi possible de souscrire un contrat multi-support en unité
de comptes peu volatiles mais dont la rentabilité à terme sera
bien meilleure, voir de panacher avec le fonds en euros.
L'assurance vie est le placement
idéal pour faire fructifier un capital en vue de la retraite et en tirer des
revenus le moment venu, à votre convenance.
L'assurance vie est bien
plus souple et plus avantageuse fiscalement que d'autre support comme le PERP
pour lequel la sortie en rente est obligatoire et soumise à l'imposition
après abattement de 28%.
Création d'un petit portefeuille
Choisissez des supports dont les frais et la fiscalité à la sortie
sont plus attractifs, comme le compte titre (abattement de 15000 € par ans
puis 27% de prélèvement libératoire) ou le PEA (exonération
totale des plus values hors prélèvement sociaux).
Placement d'un gros capital plutôt dynamique et à fiscalité
attractive
Dans ce cas, on se penchera tout naturellement vers l'assurance
vie avec un bon contrat multi-support, pouvant même contenir des titres
dans le vif et une certaine liberté d'action pour le souscripteur. Cela
permet de protéger son patrimoine en cas de décès et de
bénéficier d'une fiscalité des rachats intéressante
au bout de 8 ans (voire 4 ans).
Pour optimiser la rentabilité de ce type de placement et valoriser d'éventuels
rachats quelle que soit la période, il est avantageux d'investir en parallèle
dans un compte titre, surtout pour les premières années.
Protection d'un capital, désir de transmission à un tiers
Dans tous les cas de figure, l'assurance
vie reste le placement le mieux adapté à la transmission,
d'autant plus si le bénéficiaire n'est pas un héritier
en ligne directe, car dans ce cas l'administration fiscale prélève
60% du capital après abattement de 1500 €.
Attention cependant dans ce cas de se limiter à la quotité disponible pour
le montant transmis, sous peine de voir les héritiers contester l’opération
pour atteinte à la réserve.
Désir de transmission aux enfants après 70 ans
L'assurance vie reste malgré
tout un bon placement pour les héritiers. Bien que le capital versé
soit taxé aux droits de succession après abattement de 30500 €,
les intérêts produits resteront exonérés d'impôts.
Cela reste donc intéressant, d'autant plus que l'espérance de
vie est en constante augmentation.
Création d'un patrimoine immobilier à partir d'un capital disponible
Vous souhaitez investir dans l'immobilier et vous disposez déjà
d'un capital, certes inférieur au montant de votre acquisition.
Dans la majeure partie des cas, il n'est pas intéressant de fournir
votre capital directement en apport, comme complément d'un prêt.
Vous faites plaisir au banquier mais cet argent pourrait vous rapporter bien
plus que l'économie sur les intérêts que vous réalisez
en ne finançant pas la totalité de votre investissement.
De plus, il est toujours possible de déduire des futurs loyers les intérêts
d'emprunt, ceux-ci étant diminué votre fiscalité en sera
pénalisée.
Il est préférable dans ce cas d'opter pour un placement sur un
contrat d'assurance vie que
vous apportez en nantissement d'un prêt in-finé. Le principe de
ce prêt est de ne rembourser le capital emprunté qu'à la
fin du prêt, lors du dernier versement. Pendant toute la durée
du prêt, vous ne payez donc que les intérêts.
Cela peut paraître inintéressant car vous payez bien plus d'intérêts
que pour un prêt classique. Mais comme vous ne remboursez pas le capital,
vous payez moins à chaque mensualité de remboursement. La différence
sera alors placée sur le contrat d'assurance
vie dont le rôle est de produire le capital nécessaire au remboursement
du prêt en fin de période; et bien plus encore car si vous suivez
ce principe, vous disposerez à la sortie d'un capital sur votre contrat
d'assurance vie tout en ayant
remboursé votre prêt. Vous aurez donc épargné pendant
la période de remboursement.
En plus, vous pourrez déduire encore plus d'intérêts de
vos futurs loyers que lors d'un montage avec prêt amortissable classique
où les intérêts décroissent dans le temps.
La seule contrainte est que la banque vous demandera un versement initial sur
le contrat d'assurance vie
allant de 10% à 30% en fonction du risque encourus. Bien entendu, vous
ne pourrez pas effectuer de retrait libre pendant la durée de l'investissement.
Vous n'êtes pas tenu d'opter pour des versements périodiques sur
le contrat d'assurance vie,
mais c'est quand même une bonne méthode. Vous pouvez aussi procéder
par versement ponctuels, voir un seul versement initial. Pensez que le banquier
suivra cela de près et vous obligera à régulariser la situation
si il estime que le capital acquis sur le contrat d'assurance
vie est inférieur aux prévisions (obligatoire tous les 5 ans).
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